L’EAU – POÉME

L’EAU – POÉME

L’eau

 

L’eau est différente
quand nul ne la regarde
elle a les yeux dans la mer

L’ombre apporte la misère
derrière son rideau
les roseaux élèvent leurs épis de velours
C’est le vent d’Est qui s’amuse
à faire voler des particules d’épis

Il y a mes yeux qui cherchent ton image
muette est la clarté de l’air
Sourd est le marteau sur l’enclume
il glisse avec aisance

Le sol roule des flots de glèbe et de pavés
quand un peu de soleil jaunit la terre blanche
La pluie nouvelle mouille la colline
pour regarder de près ces aurores nouvelles

Le violon frémit comme un cœur qu’on afflige
L’aiguille tourne et le temps grince

Je m’identifie au nom de la liberté
Je m’identifie aux moutons pour leur calme
Je m’identifie aux félins sauvages
que l’on veut faire plier
au plaisir de l’homme
et qui ne s’y plient pas
Je m’identifie aussi aux chevaux sauvages
pour leur liberté sans armure
Je m’identifie de ne pas faire comme les autres
Je m’identifie à être le murmure des sous-bois
à mon corps défendant

J’embrasse dans le lointain la mer
écoutant chanter un hautbois qui dessine une verte forêt

Je vise le chemin pâle cimenté
qui s’éteint dans l’objectif
au cœur d’une route couleur réglisse à perte de vue
qui avale le crachin de la pluie

La mer turquoise je la toise
de mes lestes flèches narquoise

Puis je gifle le mystère de la nuit
quand j’entends le vent du soir mugir
se coucher et s’étirer sur un fleuve aux tons orangés

La mer est calme comme sa plage
teintée d’un bleu faïence aux reflets d’un camaïeu de champs de lavande

Oh ! Pauvre plage de sable blond
que l’on égrène au gré d’une poussière
aux senteurs odorantes de lavande

 

Ghislaine

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