Nouvelle adresse

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Du vent dans les voiles : Les Amarres déménagent

C’est une belle frégate qui leva l’ancre de la rue Saint Nicolas.

 

Au rythme des tambours, l’équipage chargeait les caisses et les moussaillons raclaient déjà les ponts. Le sextant  pointait droit vers le large. Les rames trempaient. Les voiles claquaient.

Bien-sûr, ce n’était pas simple de quitter le port. Une ile plus grande, une ile plus verte certainement, une nouvelle oasis où accoster, tel était le but du voyage. Mais comment nous mettre en route après avoir vécu de si belles aventures dans notre port ? Nous avions chanté avec tous les gars du coin, nous avions dansé avec toutes les filles, nous avions bu tant de breuvages inconnus, et comme Ulysse et ses compagnons, nous devions poursuivre le voyage. Notre rafiot tiendrait-il le cap ?

Mais ce capitaine-là savait motiver ses Hommes « Peu importe l’ivresse, pourvu qu’il y ait le flacon » dit-il un jour. Et chaque marin se mit à y croire. Le vent devint doux dans les cheveux. Les embruns rajeunissaient les peaux. Les étoiles brillaient à nouveaux aux cieux et aux yeux. (Comme si la nature n’était pas rancunière des dernières tortures qu’elle avait subi). Les canons en plastic se réveillèrent. Les mats se redressèrent. Les vieilles boites de conserve se dérouillèrent. Et les rats grignotèrent leur gruyère par derrière. Salut souvenirs, que la vie continue !

Ce ne fut pas sans tracas de mobiliser tout le monde. Il fallut tout poncer. Repeindre la proue. Laver les hublots. Etanchéifier la soute. Trouver une nouvelle lampe-tempête. Rafistoler les cordes. Recoudre le pavillon. Déménager les barils. Lubrifier le gouvernail. On leva l’ancre, tous les bagages n’étaient pas encore embarqués. On oublia de lever le pont, il fut tout arraché. Les derniers canots de sauvetage nous avaient été volés (ou empruntés par des gens qui en avaient plus besoin que nous). Et vogue le navire.

Deux mois durant, l’équipage le plus alerte mena le bâtiment. Mais nos rames ne sont pas en bois exotique et les mers sont pleines de matières qui empêchent d’avancer. A d’autres endroits, ce sont les fonds qui manquent d’eau. Et les poissons que nous trouvions si aisément auparavant pour nous nourrir dérivent tous le ventre en l’air. Le courage et le désir nous ont mené sur notre nouvelle ile, trois rues plus loin, où nous avons accosté avec la bonne humeur que nous transportâmes dans notre coffre à trésor. Heureux d’être arrivés à notre nouvelle escale, nous sommes prêts à partager avec vous de bons moments.

Ainsi, les Amarres sont amarrés 23 rue des Sœurs Macarons.

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