TEM…qu’est ce que c’est ?

TEM…qu’est ce que c’est ?

Un dimanche à la campagne

Dimanche 4 août, vers trois heures de l’après-midi, on pouvait voir musarder, entre les champs de blés fauchés couleur or et les champs de tournesols, et à peu près seul sur la route reliant Bainville-sur-Madon à Goviller, un véhicule bleu marine de type boxer avec à son bord une joyeuse compagnie faite d’adhérents curieux de découvertes artistiques. Après quelques errances saintoises heureusement écourtées grâce au GPS de Baptiste, nous avons pu atteindre le TEM, Trace Et Mouvement, cet espace d’art contemporain et son jardin, qui pour la vingt-septième année, proposait dans le décor d’une ancienne ferme (admirablement) restaurée son exposition annuelle d’artistes lorrains, mais aussi belges -ainsi qu’espagnole pour l’une d’entre eux. Le thème en était cette année : [Des] Errances. Cela tombait bien.

Parmi les vingt artistes représentés, certains nous ont particulièrement plu.
Ghislaine a surtout apprécié les toiles de Manuela CORDENOS « D’un monde à l’autre » et de Mathias PRUDENT « Oh toi ! », ce dernier ayant réalisé des portraits sur lino qu’elle a trouvés très vivants et drôles. « Ca doit être très dur à faire ! J’imagine chaque personnage s’adresser à son voisin. Lui : « Toi, tu n’es pas content ? » Elle : « Mais qu’est-ce qui se passe par là-bas ? » etc. C’est très vrai. »
Patrick aussi a été sensible à Manuela CORDENOS dont il a qualifié les toiles d’un « ensemble d’oeuvres réalisées d’un coup de pinceau énergique. » Il a apprécié les « mouvements puissants de la nudité des corps », jugeant « l’ensemble unique et sublime et le travail exceptionnel. »
Alexandre, lui, s’est enthousiasmé pour Jac VITALI : « J’ai aimé ces regards d’enfants, le jeu des couleurs et la musique de fond qui, superposée aux portraits, laisse supposer que tout n’est pas rose dans l’enfance, comme l’image d’Epinal le laisserait supposer. »
Ce « diaporama de têtes d’enfants » a aussi plu à Jean-Marie qui a aimé « l’expression dans le regard des enfants » ainsi que les toiles de Clément BEDEL « pour leur originalité ».
« Est-ce l’habitation qui ressemble aux résidents ou l’inverse ? » s’est demandé Hubert face aux tableaux de Lourdes RAL représentant un ensemble de façades éclairées d’une grande ville la nuit. « Peut-être une sorte de voyeurisme non vulgaire ou d’exhibition non volontaire ? »
Dernière artiste à nous avoir ravis : Cynthia EVERS qui donne toute leur importance aux mains qu’elle peint en noir et blanc et en gros plan dans des scènes dont elle ne donne qu’un détail. Pour Baptiste, c’est son œuvre « A deux mains » qu’il a préférée : « J’aime la convivialité qui émane de cette œuvre. Un tracé sublime ! Les mains sont magnifiées par l’auteure ! » Pour moi, je les retiens toutes et en particulier « Nuque » : deux mains qui s’agrippent au col d’un pardessus qui n’est pas le leur. Un visage à peine visible sous les cheveux qui le mangent. Un adieu… déchirant. Comment un gros plan peut magnifier une émotion. Du grand art.

L’exposition se poursuit jusqu’au 29 septembre. Qu’on se le dise !

Isabelle Tassan Toffola
5 août 2019

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